Une année lilloise, le blog des élèves de 1ère S3 et de 1ère ES1

Blog collectif réalisé par les élèves des Première S3 et ES1 et leurs professeurs autour du projet sur Lille.

12.1.07

Le musée des Beaux Arts



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ARCHITECTURE DU MUSEE DES BEAUX-ARTS


« Visiter un musée » est une formule consacrée par l’usage mais employée de
façon erronée quand elle confond le musée (contenant) et les collections (contenu). Elle
est un raccourci pour dire la volonté de « visiter les collections d’un musée ».
Cette visite de musée est à prendre au sens strict. L’architecture n’est pas limitée à
la technique. Par la place qu’elle accorde à l’esthétique, au style et au sens, elle se situe,
au même titre que les oeuvres des collections, au rang d’oeuvre d’art.
Son approche concerne alors autant l’historien qui y trouvera les signes d’une
époque, que le plasticien qui reconnaîtra un style, une mise en espace, ou encore
l’homme, la femme de lettres qui éclairera les propos d’écrivains sur le sujet, le
philosophe sensible à l’esthétique, le créateur en arts appliqués soucieux du décor ou du
mobilier, le technicien attentif aux matériaux et à leur mise en oeuvre...
Le Musée est l’institution de la mémoire. Contenu et contenant conservent les traces du
temps qui passe. A l’instar des oeuvres, l’architecture du musée est porteuse de sens et
résulte de nombreux choix que l’observateurs attentif et informé saura déctypter.


HISTOIRE


Le XIX sieècle aime l’Histoire. Les architectes du musée y ont
puisé leurs références : d’impressionnantes colonnes rappellent le
Baroque, les tours latérales surmontées d’un lanterneau ressemblent
à celles du château de Chambord, l’arcature de pierres en bossage a
été employée par CH. Garnier à l’Opéra de Paris et les frontons
triangulaires important à Lille le prestige du Louvre.
Cette diversité stylistique appelée éclectisme est défendue par les
architectes formés à l’Ecole des Beaux-Arts.
Ces architectes, soucieux de préserver la noblesse du passé contre la
vulgarité des matériaux industriels s’opposent aux
architectes-ingénieurs qui sont déjà les promoteurs de la modernité.
Le musée de Lille, conçu en 1884, représente un des derniers
exemples d’architecture dite classique.
Son réaménagement récent confirme son éclectisme mais réconcilie
le musée avec l’industrie et la haute technologie.

PROGRAMME:


25 mars 1881, Géry Legrand élu maire de Lille décide la
construction d’un Palais des Beaux-Arts face à la préfecture et lance
une loterie pour aider son financement ;
15 avril 1884, un concours est ouvert ;
10 janvier 1886, le projet de Bérard et Delmas (le plus monumental
et fastueux) est adopté ;
20 juillet 1887, le premier coup de pioche est donné ; les prévisions
budgétaires sont largement dépassés, le chantier prend du retard, on
supprime les sculptures de la façade et on réduit de moitié le projet
initial.
6 mars 1892, le musée est inauguré (avec plus de trois ans de
retard).


CONSTRUCTION


La pierre, matériau noble, est utilisée, elle dissimule un
matériau pauvre, la brique, et un matériau industriel, le fer (pour les
verrières et les poutres). Le vitrail et la mosaïque parent le musée de
citations historiques.

FORMES ET DECORS:

façade du bâtiment est conçue selon une disposition symétrique
qui présente un équilibre rigoureux.
Le premier niveau, légèrement surélevé, est plus compact que le
second à l’étage, lui-même prolongé vers le ciel de toits pentus,
frontons et trophées.
Le décor de la façade est amputé des sculptures dont il ne reste que
les niches vides. Les murs latéraux accueillent les médaillons
emblématiques et commémoratifs de Michel-Ange, Raphaêl ou
Watteau.
L’intérieur, inspiré de salons cossus, a valeur d’écrin pour les
oeuvres d’art.

COULEURS ET LUMIERES


La palette des matériaux oppose à la blondeur de la pierre la couleur
froide des ardoises de couverture. Le relief de la pierre de façade
dessine des ombres qui rendent lisible l’appareil de loin.
Le rez-de-chaussée, éclairé par une lumière latérale, convient
traditionnellement à la mise en valeur des sculptures (par ailleurs
trop lourdes pour l’étage, et nécessitant moins de lumière que les
peintures).
L’étage reçoit une lumière zénithale abondante favorable à la
perception des couleurs.
Les ouvertures, relativement vastes, n’ôtent cependant pas à l’édifice
sa massivité.

ESPACE:

On accède à l’étage par deux escaliers hélicoïdaux logés dans les
tours latérales.
Face musée,a une large place publique permet un recul suffisant à
la respiration et à la valorisation de l’édifice.

SYMBOLIQUE:

Implantation:

Dans le cadre du réaménagement urbain de Lille, le musée prend
place « au centre de la ville agrandie ».
Face à la préfecture qui représente le pouvoir se dresse, à égalité,
l’édifice d’une culture démocratisée.
Inspiré du Louvre qui reste le modèle de la relation
art-pouvoir, le Palais des Beaux-Arts renforce son prestige.


Fonctions:

Le Palais affiche son statut. Il possède le caractère ostentatoire désiré
par la bourgeoisie qui veut que Lille tienne honorablement son rang
de capitale de la Flandre.
Mais ce statut est ambivalent car le monument proclame également
la valeur des oeuvres exposées. Le musée est devenu la cathédrale du
monde moderne.
La municipalité de l’époque tenait à préciser que le musée dépassait
largement le cadre municipal. Destiné à abriter des richesses
nationales, il devait en outre « servir à l’instruction et au délassement
intellectuel des populations qui nous environnent ».


Pédagogie:

Le parcours chronologique de l’accrochage suit le fil linéaire de
l’Histoire. L’oeuvre est un fragment, une trace du passé qui invite à
reconstruire la totalité de l’Histoire dont le musée est un modèle
réduit.


EN COMPARAISON, LE MUSEE D’ART MODERNE:


La modernité:

La spécificité de l’architecture muséale n’échappe pas à l’évolution
générale de l’architecture. Si le Musée de Lille représente un des
derniers avatars des valeurs classiques, le Musée d’art moderne est
représentatif de la modernité.
Son architecte, Roland Simounet est un émule de Le Corbusier qui a
défendu, dans les années 20, le Purisme, combattu les styles
historiques et rejeté le décor.


Neutralité architecturale:

Le premier musée d’art moderne est né à New-York en 1930. Il ne se
distinguait pas des immeubles voisins. A Villeneuve d’Ascq, le
Musée d’art moderne ne se distingue que par son isolement. Seul le
jardin de sculptures le signale comme musée.
Dans une période marquée à la fois par la désacralisation de l’art qui
rejoint la vie quotidienne et par la démocratisation de l’accès à la
culture, l’architecture perd ses connotations princières et de fond
dans le quotidien architectural. Même les cadres, dorés ou non, se
font de plus en plus discrets.


Libre parcours:

Le plan libre est un concept inventé par Le Corbusier, appliqué à
Quand le monument fait place à
l’événement, l’architecture devient transparente et flexible. Le
visiteur est libre (ou contraint) de faire des choix singuliers.
Le Musée d ’art moderne suppose
l’interrogation et la prise de risque dans une époque sans certitudes.

1 Comments:

Blogger M.AUGRIS said...

Message qui manque de génie et de personnalité, pas de lien et peu lisible.

Note : 10/20

Mme Toba et M. Augris

10/3/07 15:40  

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