Une année lilloise, le blog des élèves de 1ère S3 et de 1ère ES1

Blog collectif réalisé par les élèves des Première S3 et ES1 et leurs professeurs autour du projet sur Lille.

22.12.06

Roger Salengro

I – Biographie

Roger Salengro voit le jour à Lille le 30 mai 1890, Henri Salengro et Anna Herreman.

Il entreprend des études dans des conditions favorables où il fera figure d’élève brillant et intelligent. Il étudiera ensuite les lettres à Paris avant de revenir à Lille et de s’engager pour la cause socialiste. Bien que ses origines sociales aisées ne l’y prédisposent pas, Roger Salengro la découvrit au travers des œuvres de Karl Marx.

S’investissant beaucoup pour son parti, il fut à plusieurs reprises poursuivi en justice pour incitation à la violence et à la désobéissance.
Durant la première guerre mondiale, il est fait prisonnier par les Allemands qui voudront le forcer à fabriquer des armes pour combattre la France, il refusera et sera alors emprisonné pendant deux ans avant d’être rapatrié à Lille, alors presque mourrant.

Après son retour, il reprend ses activités de militant et, en 1920, il devient Conseiller Général du canton de Lille Sud Ouest. Il devient maire de Lille en 1925 et député en 1928, il crée la même année « Le Peuple Libre », journal de la section de Lille.
Jusqu’au début de la seconde guerre mondiale, des actions violentes du Parti Communiste contre le Parti Socialiste se verront principalement dirigées contre Roger Salengro, qui porta plainte contre certains journaux qui l’ont calomnié.




II – Ses actions à Lille

Quand Roger Salengro devient maire de Lille en 1925, la ville n’a pas encore trouvé son second souffle : les séquelles de la guerre se font encore sentir.
Le nouveau maire de Lille entend poursuivre et amplifier l’œuvre de Gustave Delory, mais il a une conception beaucoup plus ambitieuse du rôle de sa ville. Il pressent que le destin de Lille est de devenir une grande capitale régionale.
Ses qualités de gestionnaire rigoureux et de grand travailleur vont faire merveille et durant ses onze années de mandat, la ville va effectuer un bond en avant et sortir véritablement du 19e siècle. Son ambition s’inscrit dans un plan d’aménagement global de la cité qui concerne tous les domaines : urbanisme, équipements, solidarité, éducation, économie…
En 1925, le programme de construction de logements sociaux établi par l’office municipal d’Habitation à Bon Marché (créé en 1920) est considérablement amplifié. Après la mise en service des premiers logements des Bois Blancs et Cabanis, inaugurés en 1924, suivent les HBM. Au total près de 2000 logements sont construits et en 1935 le total des soutiens alloués à l’office par la municipalité s’élève à 7 400 000 F.




Une capitale moderne se doit d’être attractive : Roger Salengro décide la construction d’un palais d’exposition susceptible d’accueillir la Foire de Lille. Inaugurée en 1933, la Foire de Lille attire près de 3 000 exposants. En 1932 sont misent en service les nouvelles installations du Port Fluvial.
La modernisation de Lille passe aussi par la reconstruction des équipements sanitaires : Roger Salengro souhaite réunir les services hospitaliers et les œuvres des hospices. Les travaux d’un nouvel hôpital sanatorium démarrent en 1933 et s’achèvent en 1936. Mais cette réalisation de premier plan, s’intègre dans un projet plus vaste, cher au cœur du Maire de Lille : l’édification d’une « cité hospitalière ».
Enfin l’ambition du Maire de Lille est de formé le maximum de jeunes et il impulse une grande politique d’éducation. Les réalisations concernent tous les secteurs : l’enseignement supérieur avec la création d’une quinzaine d’instituts universitaires, les nouvelles facultés de droit et de médecine, l’enseignement secondaire qui voit l’agrandissement des lycées et la construction de nouveaux lycées de garçons et de filles, l’enseignement technique avec la création d’ateliers et de cours professionnels, enfin l’enseignement primaire avec la reconstruction et l’agrandissement des écoles détruites et la construction de nouveaux groupes scolaires dans les nouveaux quartiers.
L’œuvre d’urbanisme et d’aménagement des municipalités Salengro est considérable et marque encore le paysage urbain actuel. Elle permet à Lille de se moderniser.
A partir de 1930 la municipalité doit faire face à la poussée du chômage provoquée par la crise de la métallurgie et du textile. Venir en aide à " ceux qui reste sur la brèche " sera l’obsession de Roger Salengro jusqu’à sa mort. Un premier crédit exceptionnel d’un million de francs est voté sous le contrôle du Fonds municipal de chômage.
C’est pendant la crise que Roger Salengro montre le plus ses capacités, en contournant au besoin les lois pour aider les chômeurs partiels, en créant des caisses de chômage pour les travailleurs indépendants.

III – La fin de Roger Salengro




C’est en 1936, âgé de 46 ans que Léon Blum fait appelle à lui et le nomme Ministre de l’Intérieur. Il s’efforce alors de résoudre dans le calme ce qui était alors le plus grand mouvement social que la France ai connu, il veut rapprocher le prolétariat du patronat afin qu’ils puissent trouver un accord.
Cette méthode ouverte mais ferme porte ses fruits : les grèves cessent à la fin du mois de Juin sans qu’une seule goutte de sang n’ait coulé.
Roger Salengro peut dès lors s’attaquer au premier point du programme du Front Populaire : la dissolution des ligues contestataires. Il mène la bataille devant le parlement, fait face à une droite déchaînée avec une maîtrise qui impressionne. Le 19 juin, 4 ligues sont dissoutes.
Pour la droite et l’extrême droite s’en est trop et Roger Salengro devient l’homme à abattre.
Le 10 juillet 1936 Henri Becquart, député conservateur de Lille s’adresse au Ministre de la Défense, Édouard Daladier, et lui demande d’éclaircir l’attitude du soldat Salengro le 7 octobre 1915 : il l’accuse d’avoir déserté à l’ennemi et d’avoir été condamné à mort puis acquitté dans des conditions douteuses.
Roger Salengro sera par la suite lavé de tous soupçons mais les calomnies ne cessent pas.
Déjà affaiblit par la mort de sa femme un an et demi plus tôt et par sa santé précaire, Roger Salengro décide le 17 novembre 1936 de se suicider en laissant une lettre à Léon Blum : « J’ai lutté vaillamment mais je suis à bout. S’ils n’ont pas réussi à me déshonorer, du moins porteront-ils la responsabilité de ma mort. Je ne suis ni un déserteur, ni un traître. Mon parti a été toute ma vie et toute ma joie ».
L’émotion qu’a causée le décès du maire de Lille donne lieu, le 22 novembre de cette même année, au plus grand rassemblement que la ville ai connu et connaîtra : Ils furent 1 000 000 à accompagner celui qui fut un des plus grand socialiste de France et qui donna une impulsion nouvelle à Lille au cimetière de l’Est.

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Je ne comprends pas la dernière phrase. Salengro est-il enterré au cimetière de l'est ?

5/3/07 15:40  
Blogger M.AUGRIS said...

Message globalement pertinent mais manquant d'originalité. Pas de lien.

Note : 12/20

Les professeurs

11/3/07 17:46  

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