La catastrophe de courrières
Les accidents miniers ont, de tout temps , sévit sur les régions exploitées, mais la catastrophe de Courrières a merité , par son ampleur et ses conséquences sociales, le nom de "plus grande catastrophe minière française". En effet , cette explosion souterraine reste ancréé dans les mémoires du Nord et de la France comme le drame qui a engendré une prise de conscience politique au niveau social.

La Société civile des mines de Courrières voit le jour le 27 octobre 1852. En l’espace de cinquante ans, elle devient une des premières compagnies houillères françaises.
Les fosses de la compagnie des mines de Courrières, ouvertes sous le Second empire, présentent d'importantes veines de charbon gras, et l'essentiel du travail d'abattage s'effectue à un niveau compris entre 326 et 340 mètres. On distingue 3 fosses :la fosse 4 de Sallaumines (dite Sainte Barbe, le foyer initial), la fosse 2 de Billy Montigny (dite Auguste Lavaurs), et la fosse 3 de Méricourt (dite Lavaleresse). Les mines dites de Courrières ne se situaient pas à Courrières, qui n’abritait « que » le siège social des patrons de la célèbre mine du Pas-de-Calais.
2) La catastrophe
a) les faits
A 6 h 30, le 10 mars 1906, 110 km de galeries sont instantanémentbalayés en moins de deux minutes, par l'un de ces deux périls que redoutent le plus les hommes : le coup de grisou ou le coup de poussières. Le point de départ de cette tragédie est l'explosion d'une nappe de grisou (gaz) dans le chantier Lecoeuvre. La présence de ce gaz avait été suspectée quelques jours plus tôt par des mineurs de fond mais la compagnie n'avait pas tenu compte de leurs avertissements.Le coup de grisou ayant soulevé la poussière de charbon, celle-ci, beaucoup plus explosive que le grisou, s'est vite mise en auto-combustion . C'est ce qu'on appelle un «coup de poussière».
Contrairement à ce que l'on a longtemps pensé, l'incendie qui avait été découvert le 7 mars dans l'une des veines de la fosse de méricourt ,a priori déclanché par la lampe à flamme nue d'un mineur ( la mine était réputée si sure que les mineurs étaitent même autorisés à fumer ),ne serait pas directement responsable de la catastrophe, bien qu'il ait largement contribué à dégrader les conditions de travail au fond (gaz toxiques) et donc à augmenter la mortalité. Les ingénieurs et les chefs porions avaient décidé d’édifier des barrages pour l’étouffer mais on a continué l'exploitation.L'explosion a transformé les galerie en fournaises .
b) le bilan humain et les conséquences matérielles

Quarante-huit heures après la catastrophe, les sapeurs-pompiers de Paris arrivent sur les lieux où, aidés par les sauveteurs des compagnies de la Ruhr, venus spontanément renforcer leurs camarades des équipes de secours des compagnies minières françaises descendus tout de suite, chercheront des survivants jusqu’à la fin mars.
L'accident fit officiellement 1 099 morts sur près de 1 800 mineurs descendus ce jour là, mais le bilan réel est probablement supérieur en raison de la présence de travailleurs irréguliers dont le décès n'a pas été imputé à cet accident. Pris au piège, la plupart des ouvriers sont morts asphyxiés ou brûlés par les nuées ardentes de gaz toxique. En fin de journée, seulement 576 mineurs arrivent à s'échapper de la catastrophe.
" J'étais au travail depuis une demi-heure lorsque je perçus un roulement lointain qui prit en quelques secondes des proportions énormes. Un torrent de feu balaya les galeries provoquant des explosions violentes. ,je fut projeté avec mon camarade DIEVART à quelques mètres de ma berline, mais nous étions indemnes. Les autres ouvriers qui travaillaient près de nous (ils étaient une vingtaine) étaient morts, le souffle les avait écrasés contre les parois de la taille. DIEVART et moi, nous partîmes au hasard. Nos béguins collés à notre bouche pour ne pas respirer les gaz. Nous avancions dans l'obscurité. La galerie 326 était jonchée de morts sur lesquels nous butions, mais de la 326 venaient les gaz délétères, ce qui nous obligea à retourner vers l'étage 280. Enfin, marchant à tâtons, rampant avec peine, nous atteignîmes l'accrochage du puits n° 2. Nous étions les premiers sauvés. Et puis, ce fut les enquêtes, toute la comédie de jugement qui mit hors de cause les vrais responsables de ce vaste assassinat. J'avais perdu un frère, un oncle et un cousin. chaque maison avait un ou plusieurs disparus, toute la région minière était en deuil... "
Louis DANGLOT, réscapé
Le 30 mars soit vingt jours après l'explosion, treize rescapés réussirent à retrouver le jour par leurs propres moyens après avoir erré dans le noir total sur des kilomètres, mangeant le peu qu'ils trouvaient, y compris de l'avoine et un cheval mort. Un quatorzième est retrouvé grâce aux appareils respiratoires apportés par les secours allemands le 4 avril
La gestion de la crise par la compagnie minière fut particulièrement mal vécue par les mineurs et par leurs familles. La compagnie fut accusée d'avoir fait passer la sécurité des mineurs après la protection des infrastructures en particulier en prenant la décision de murer les galeries et d'inverser l'aérage pour extraire la fumée et étouffer l'incendie au lieu de faciliter le travail des sauveteurs en leur envoyant de l'air frais.
A ce bilan humain doit encore être ajouté le décès d'au moins 16 sauveteurs qui interviennent dans des conditions de sécurités et d'hygiènes précaires.
3) Ses répercutions
a) grèves
L'émotion qui s'ensuivit et la polémique sur la gestion des secours est à l'origine d'un vaste mouvement de grève.
Le 13 mars lors des obsèques des premières victimes, à la fosse commune de Billy-Montigny en présence de 15 000 personnes, le directeur de la compagnie est accueilli par des huées et des « assassins ! » et doit rapidement partir. Le lendemain, les mineurs refusent de redescendre au fond. Les syndicats appellent à une grève qui s'étend aux puits environnants. Le mouvement s'étend à tous les bassins miniers français et se développe jusque dans le Borinage, en Belgique. Le 16 mars, 25 000 ouvriers sont en grève, chiffre qui montera même à 60 000.
La colère des mineurs est renforcée par la découverte tardive de rescapés. Les secours ont manifestement été abandonnés trop tôt et la Compagnie de Courrières est accusée de vouloir enterrer vivantes les victimes et les délgués crtitiquentla conception sommairedes règles de sécurité qu'ont adoptéeles groupesde sauveteur. La grève se durcit .
Les incidents se multiplient entre grévistes non-grévistes, mais aussi entre les partisants du "Vieux Syndicat" mené par Émile Basly et le "Jeune Syndicat", affilié à la CGT et mené par Benoît Broutchoux. Mais au fur et à mesure qu’un climat insurrectionnel se développe (sabotages, interventions de la troupe), le « vieux » syndicat durcit ses positions.Le 14 avril, le rapport rendu par la commission d'enquête présidée par le directeur de l’École des mines absout les ingénieurs. Du 14 au 20 avril, les incidents redoublent d'intensité, la maison du directeur de la Compagnie de Lens étant assiégée puis détruite par les mineurs. Face aux mineurs en colère, Georges Clemenceau, alors ministre de l'intérieur, mobilise 30 000 gendarmes et soldats et envoi de treize trains de renforts militaires. De nombreuses arrestations ont lieu.
Le 22 avril, l' armée contrôle le bassin, des négociations Compagnie par Compagnie s’engagent, qui se traduiront par un certain nombre de concessions, salariales notamment, de la part du patronat. Le 7 mai, la reprise du travail est quasiment générale
b) politiques et sociales
La catastrophe intervient alors que la France connait une situation politiques et social exeptionelle: vacance ministérielle, préparation des prochaines electionslegislatives, nombreuses grèves..
Elle a d'ailleurs suscité un élan de générosité sans précédent en France et en Europe et 6,5 millions de francs-or sont récoltés. La compagnie minière, elle-même donnera 2,2 millions de francs aux ayants-droits et versera des rentes annuelles de l'ordre de 500 000 aux familles.
Le mouvement social issu de la catastrophe déboucha sur l'instauration du repos hebdomadaire. À partir de cette époque, les lampes à feu nu seront bannies au profit des lampes dites de sûreté (lampes Davy)
En 1907, le premier poste central de secours du bassin Nord-Pas-de-Calais est créé à Liévin (il sera transféré à Éleu-dit-Leauwette après sa destruction pendant la Première Guerre mondiale). On y forme des équipes spécialisées de sauveteurs et on y étudie les risques dus au grisou et au poussier.
c) De nos jour :la commémoration
La nécropole de Méricourt abrite dans une fosse commune (le « silo ») les corps de 272 mineurs non identifiés. Un monument commémoratif y a été édifié . À l'occasion du centième anniversaire de la catastrophe de 1906, la Communaupole de Lens-Liévin a aménagé un « parcours des rescapés » entre la nécropole et l'emplacement de l'ancienne fosse de 2 de Billy-Montigny où 13 survivants ont rejoint le jour, 17 jours après l'arrêt des recherches. Cet aménagement comprend 20 totems sur lesquels leur histoire et, d'une façon plus générale celle de la catastrophe, sont racontées.Le dernier survivant des quatorze rescapés de la catastrophe, s'appelait Honoré Couplet et est décédé en 1977 à l'âge de 91 ans
C'était il y a 100 ans. Ainsi, une catastrophe , si horrible soit elle , peut elle avoir des repercutions positives pour les années futures.
liens internets
site trés complet sur la catastrophe




1 Comments:
Bon message. Travail sérieux et de qualité.
Note : 14/20
Les professeurs
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